Réflexion clinique : l’inositol, une piste méconnue dans certains cas de régurgitations

person holding baby feet

Une observation qui a attiré mon attention

Cette réflexion est née suite au cas d’un bébé de 4 mois présentant des régurgitations aussi souriantes qu’incessantes, une prise de poids insuffisante, et pourtant… de bonnes nuits de sommeil.

Une situation intrigante qui m’a amenée à explorer d’autres pistes.

Note importante

Cet article relate une observation clinique personnelle et ne constitue pas un avis médical validé. L’hypothèse présentée ici n’a pas fait l’objet d’études scientifiques à grande échelle. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier l’alimentation de votre enfant.

Le contexte clinique

Il est généralement admis que le “brûlant” est pire la nuit, en position couchée, et qu’il empêche de dormir. Par extension, un enfant qui dort bien ne devrait pas avoir un reflux “brûlant”.

Dans le cas de cet enfant :

  • Les anti-acides classiques avaient déjà été essayés, sans effet sur la fréquence des régurgitations (en jet)
  • Pas de sténose du pylore à l’échographie
  • Aucun effet des laits anti-reflux
  • Le travail sur les émotions en médecine globale n’avait pas non plus apporté de changement notable

Psychosomatique seulement ? Difficile à croire quand on explore toutes les dimensions et qu’aucune piste ne semble aboutir.

Une piste inattendue : l’inositol

À force de chercher dans les composants des laits maternisés, l’inositol a attiré mon attention comme dernier ingrédient listé sur un lait infantile.

J’ai donc commencé à chercher d’autres laits, et c’est dans les pays limitrophes que nous en avons sélectionné un sans inositol ajouté.

Observation : Nous avons constaté une amélioration significative des régurgitations, et l’enfant a pu progressivement rattraper sa courbe de croissance.

Depuis, trois autres patients ont présenté des signes similaires et semblent avoir bénéficié du même ajustement alimentaire. Ces observations restent préliminaires et ne permettent pas de tirer de conclusions générales.

L’inositol

Parfois appelé vitamine B7, l’inositol est un sucre indispensable à la vie. L’inositol est une molécule organique cyclique constituée de 6 atomes de carbones. Chez l’Homme, l’inositol est présent dans toutes les cellules de l’organisme et se trouve en concentrations plus élevées dans les cristallins, les reins, les testicules ainsi que dans le système nerveux central, en particulier dans le cerveau.

L’inositol peut être synthétisé par le corps humain à partir du glucose, ce qui le différencie des vitamines.

Quels sont les propriétés et les bienfaits de l’inositol ?

L’inositol intervient dans le métabolisme des lipides, dans la production cellulaire d’énergie et dans les processus de détoxication.

Il entre notamment dans la composition du phosphatidylinositol, un phospholipide de la membrane cellulaire. Il est également  impliqué de manière directe ou indirecte dans l’équilibre osmotique des cellules.

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Il entre dans la structure des membranes cellulaires et optimise le fonctionnement du corps.

De nombreuses études récentes soulignent les effets bénéfiques d’une complémentation en inositol sur différents troubles, mais l’intolérance en inositol est, elle, presque inconnue du corps médical à l’heure actuelle.

Sources d’inositol

L’inositol est présent naturellement dans le lait maternel, et est ajouté dans la plupart des laits “maternisés”, pour bien faire…

Forte teneur en inositolriz, carottes, petit pois, betterave, concombre
banane, poire, figue,
légumineuses, noix,
laits maternisés,
noix
foie et coeur de boeuf
Faible teneur en inositolviande de porc
quinoa et sarrasin
Teneur variabletous les produits fermentés : jus, compotes et purée de fruits

Complications

De fait de l’ubiquité de l’inositol dans le corps, cette probable maladie métabolique s’accompagne

  • d’un état général particulièrement altéré en cas de maladie, avec en particulier le maintien de la glycémie difficile/impossible
  • d’une récupération et d’une cicatrication très difficile (c’est d’ailleurs pour la récupération que l’inositol est employé en médecine du sport)

Observation importante: en cas de maladie, l’eau sucrée (et les boissons de réhydratations sucrées) donnent de très bons résultats! (ORS pas suffisant)

two pink glasses sitting on top of a white sheet

Chez l’adulte : une piste à explorer ?

Si cette hypothèse d’intolérance à l’inositol se confirmait, elle pourrait se manifester de différentes manières chez l’adulte.

En l’absence de test validé, une observation attentive des réactions alimentaires peut être envisagée, notamment vis-à-vis des sources d’inositol (riz, agrumes, légumineuses, céréales complètes). Toute démarche de ce type devrait être discutée avec un professionnel de santé.

Il n’y a pas d’autre test diagnostic que de surveiller ses réactions en fonctions des sources précitées, surtout le riz… et associé à :

  1. des troubles digestifs inconstants (du fait de l’ubiquité des sources d’inositol dans l’alimentation)
  2. avec généralement un surpoids
  3. et une résistance à l’insuline

En résumé

Cette observation clinique ouvre une piste de réflexion pour certains cas de régurgitations ou diarrhées persistantes chez le nourrisson. Elle ne constitue pas un protocole validé et nécessite des recherches complémentaires. Si vous reconnaissez ces signes chez votre enfant, parlez-en à votre pédiatre avant toute modification alimentaire.

A méditer

  1. Les troubles métaboliques sont rares, mais probablement aussi sous-diagnostiqués.
  2. Tout traitement IPP doit être ré-évalué périodiquement en fonction de la balance risque/bénéfice et l’efficacité sur le symptôme d’appel
  3. Toutes les diarhées ne vont pas mieux avec le régime riz-carotte. En l’occurence, c’est tout l’inverse de ce qu’un intolérant à l’inositol a besoin!
  4. Tous les troubles digestifs fonctionnels ne sont pas liés au gluten si à la mode. En l’occurence, c’est tout l’inverse de ce qu’un intolérant à l’inositol a besoin!

À suivre…

Si vous reconnaissez ces signes chez votre enfant, parlez-en à votre pédiatre avant toute modification alimentaire. Chaque enfant est unique, et seul un professionnel de santé peut évaluer la pertinence de cette piste dans votre situation particulière.