Comprendre l’hyperperméabilité intestinale et ses liens avec l’équilibre global

Un intestin perméable,
c’est surtout un cerveau débordé et une immunité affaiblie.
Mais on peut y faire quelque chose!

Avertissement important — Veuillez lire attentivement

Cette page a une vocation exclusivement éducative et informative. Elle ne constitue en aucun cas :

  • Un avis médical ou un diagnostic
  • Une recommandation de traitement
  • Une promesse de guérison ou d’amélioration

Les informations présentées reflètent une approche complémentaire et intégrative, basée sur les principes homéopathiques et une vision globale de la santé. Elles ne se substituent pas à un suivi médical conventionnel.

Si vous ou votre enfant présentez des symptômes ou des préoccupations de santé, consultez un médecin. Les troubles du développement, les troubles du spectre autistique et les pathologies digestives nécessitent un diagnostic et un suivi par des professionnels qualifiés.

Les produits mentionnés (Aelia®/Lumhis®) sont des compléments homéopathiques. Ils ne prétendent pas traiter, guérir ou prévenir une maladie.

  1. Qu’est ce que c’est l’hyper-perméabilité intestinale?

L’hyper-perméabilité intestinale (Leaky Gut en anglais) est un défaut de la barrière intestinale, liée à un déreglement du microbiote, lui-même résultant de multiples causes, allant des abus alimentaires (manque de variété, mauvaise qualité, …) aux pesticides.

En temps normal, les jonctions “GAP” soudent les cellules intestinales les unes aux autres, et les aliments passent PAR la cellule pour arriver dans la circulation sanguine.

La conséquence d’un défaut de paroi est simple : les toxiques mais également plusieurs aliments (dans un ordre souvent identique) passent ENTRE les entérocytes, ne sont donc plus métabolisés et se retrouvent en entier dans la circulation sanguine.

L’augmentation de la perméabilité intestinale permet le passage de macromolécules alimentaires dans la circulation, ce qui favorise la production d’anticorps IgG spécifiques vis‑à‑vis de ces aliments

2. C’est une intolérance alimentaire et non une allergie alimentaire

On parle donc d’intolérances alimentaires et non d’allergies, car il ne se passe aucune réaction rapide de l’organisme comme dans une allergie classique à IgE (rhume des foins, oedeme de quincke, …)

Demandez conseil à votre médecin!

3. C’est une réaction immunitaire avec des anticorps mémoire (IgG) qu’on développe contre des aliments qui circulent clandestinement dans la circulation sanguine.

Les IgG, ce sont les anticorps “mémoire”, comme ceux que nous développons suite à des maladies ou des vaccins, afin d’avoir la réponse prête la prochaine fois que l’organisme rencontre le microbe en question/

Dans le cas de l’hyperperméabilité intestinale, les principaux coupables qui passent la barrière intestinale sans prétraitement sont en tout premier lieu :

le GLUTEN, suivi par le lait, les oeufs (surtout les jaunes), et les bananes.

S’en suivent : la moutarde (et donc la mayonnaise!), les tomates, les pommes, les additifs (dextrose, gomme arabique), le citron, le dextrose, …

D’une manière générale, c’est souvent soit ce qu’on mange de trop (parfois une vraie addiction au gluten) soit ce qu’on sent déjà qu’on ne doit pas manger. Les enfants savent… Faisons-leur un peu plus confiance, d’autant plus qu’il n’est pas rare qu’un enfant à qui on retire le gluten – quand c’est objectivé évidemment – commence à remanger plus de légumes!

En l’occurence, dans l’HPI, le perturbateur arrive à chaque repas! Et la cascade d’activation immunitaire est donc incessante.

C’est comme un chemin dans les bois : plus on y passe, plus il se creuse. Plus des aliments passent entre les cellules, plus le chemin s’ouvre et plus d’autres aliments peuvent au fur et à mesure s’y ajouter, au point d’avoir parfois des listes assez longues d’intolérances!

C’est dose-dépendant.

Dans un premier temps, il est donc nécessaire de limiter au maximum les aliments contre lesquelles l’immunité réagit pour arrêter de s’intoxiquer à chaque repas!

anchor on grass shore during day

Outre la perturbation immunitaire, l’HPI provoque une perturbation du Vaisseau Gouverneur (en médecine chinoise) et comme le mot gouverneur le laisse sous-entendre, cela a donc une action importante sur tout le chemin de vie, au travers de la perturbation de l’ancrage, à chaque repas chez les HPI.

Se faire attaquer à chaque repas, c’est être bien bousculé à chaque fois. Difficile de garder le cap, difficile d’avoir une base stable, difficile d’être cohérent et donc difficile d’attirer à soi une vie cohérente et simplifiée…

4. Pourquoi c’est peu connu en allergologie, en gastro-entérologie, ou en neuro-psychiatrie?

L’HPI est une pathologie globale sur lesquelles les américains ont des décades d’avance, la dégratation du microbiote étant probablement induite par les pesticides.

Contrairement au colon irritable, l’HPI ne donne pas systématiquement de plaintes digestives, et les pistes sont donc brouillées à tous les niveaux, ce qui est le principe d’un parasitage… En outre, les personnes qui réagissent au gluten peuvent paradoxalement avoir une attirance importante envers l’aliment en question, d’ou l’intéret d’un régime aussi varié que possible, et de manger selon les saisons, ce qui permet des pauses à l’organisme.

En neuro-psychiatrie, l’HPI reste très peu connu, pourtant tout le monde sait que l’intestin est notre deuxième cerveau, et pas que pour des raisons neuronales. Un régime d’éviction adapté, lorsqu’il est indiqué par un professionnel, peut contribuer au bien-être global

5. Symptômes chez les adultes : immunité, fatigue, hypersensibilité et dépression

white and brown bottle beside white tissue box

La conséquence de l’HPI est d’abord une immunité déficiente, puisqu’elle est en fait surstimulée, et n’a donc plus de réserve pour se défendre des “vrais” pathogènes.

a man holds his head while sitting on a sofa

Chez les adultes, il peut y avoir du brouillard cérébral, voire un retentissement direct sur le moral, avec impossibilité de s’ancrer et surtout de rester ancré (avec les conséquences que cela peut avoir), …

La perturbation du microbiote peut en outre s’accompagner d’une hyperprolifération bactérienne dans l’intestin grêle (SIBO pour Small Intestine Bacterial Overgrowth) qui ne fait qu’aggraver les choses (cercle vicieux d’envies de sucre et fermentation)

6. Symptômes chez les enfants : immunité perturbée également, mais en plus : le plus fréquent est l’hypersensibilité

Quand l’HPI se développe chez l’enfant en pleine construction, cela prend une tournure bien plus embêtante puisque son développement s’en trouve perturbé

Plusieurs études ont montré une perméabilité intestinale augmentée (“leaky gut”) chez des enfants présentant un trouble du spectre autistique, objectivée notamment au test lactulose/mannitol et associée à des altérations des jonctions serrées. *

  • les infections à répétitions liées à l’immunité déficiente peuvent se grever d’un retentissement sur la croissance
  • respiration buccale liée au nez constamment bouché
  • l’attaque constante touche le moral, ce qui grève tout le développementtant psychique que relationnel.
  • le stress et le climat familial

Quand on passe son temps à se faire envahir à chaque fois qu’on mange… comment avoir encore de l’attention pour le monde qui nous entoure? et comment y faire confiance?

La capacité d’apprendre pour le cerveau dure tout au long de la vie, mais la plasticité des synapses ( connexions neuronales ) est optimale avant 6 ans.

Si l’hypersensibilité en deviendrait presque la norme, l’autisme est une pathologie encore très tabou, mais en augmentation exponentielle! On trouve souvent des excuses pour expliquer des comportements qui nous questionnent chez l’enfant (“il n’aime pas, il est fatigué, il est timide, c’est l’âge“, …) pour se rassurer.

Certaines études suggèrent une association entre déséquilibre intestinal et certaines situations de développement atypique. Cette piste fait l’objet de recherches, mais elle ne doit pas être

Il y a tout un spectre d’intolérances, d’hypersensibilités et de couleurs!

multicolored illustration
Nombre d’intolérancesSymptômes% TSA
30-40mutisme et/ou répétition de mots ou de phrases (écholalie)80%
déficit intellectuel +/- important, sauf domaines fixés,
autonomie impossible
70%
5-10intérêts et activités restreints et spécifiques60%
gluten et moutarde chez 2/3ne répond pas à son nom,
perte du contact visuel,
tendance à l’isolement
50%
gluten chez 2/3réactions inhabituelles et inadaptées aux stimulations sensorielles,
rituels difficiles à déroger, résistance à la douleur
40%
1-5n’imite plus, fuit le regard, ne dit pas bonjour (hors timidité)
incapacité à tenir une conversation
ne joue qu’avec un seul jouet
30%
parfoismanque d’empathie et incompréhension des “codes sociaux”
“il/elle vit sa vie” tout en restant sympa et participatif
20%
parfoishypersensibilité15%
0nous sommes TOUS psychorigides pour certains choses, c’est normal!7%
0personne ici0%
multicolored illustration

7. Diagnostic de l’hyperperméabilité intestinale : de 3 manières bien différentes

Evaluer les aliments auxquels la personne réagit :

  • soit dans la prise de sang : doser les IgG alimentaires (et non les IgE d’allergie “normale”) qui sont des marqueurs d’exposition et de réaction immunitaire retardée
    • commencer par les plus courants : gluten, oeuf, banane, lait, … car c’est non-remboursé et donc vite cher
  • soit testing en kinésiologie… Que notre cerveau puisse l’entendre ou pas, cette méthode reste beaucoup moins invasive, a fortiori chez des enfants, et a fortiori chez des enfants déjà en souffrance…

Physiquement : des petites plages de rosacée sur les joues pourraient être liées (comme si on voyait les vaisseaux sanguins)

man in black long sleeve shirt holding white ceramic mug

La détection précoce des intolérances alimentaires permet non seulement

  • de pouvoir y faire quelque chose
  • de répondre à beaucoup d’interrogations des parents souvent bien démunis
  • de mieux gerer les émotions et donc l’intelligence émotionnelle et le climat familial tout entier
  • mais aussi d’attirer l’attention sur une prise en charge adaptée des troubles du comportement et des TSA LE PLUS TOT POSSIBLE (ce qui reste encore en moyenne après 3 ans, donc relativement tard par rapport aux 6 ans de plasticité cérébrale)

8. Pistes d’accompagnement de l’équilibre intestinal (en complément d’un suivi médical adapté)

  • éviction des aliments contre lesquels l’immunité réagit, le temps qu’il faudra…
    • l’éviction seule est difficile à tenir, trop souvent on finit par abandonner le problème n’est jamais vraiment réglé…
    • Il y a parfois tellement de choses auxquelles une personne réagit que c’est presque impossible logistiquement parlant (d’autant plus quand il y une méfiance générale avec l’alimentation et que c’est déjà très compliqué)
    • D’une manière préventive, varier autant que possible son alimentation (“varier ses poisons”, être aussi omnivore que possible) et suivre son intuition est la meilleure prévention!
  • cicatrisation de la barrière intestinale :
    • éviction des pesticides, bouillon de poule pour le collagène, prébiotiques, …
    • la glutamine est bon palliatif mais est bien insuffisante que pour résoudre vraiment le problème
  • homéopathie : théoriquement, changer la vibration de quelqu’un lui fera changer son microbiote, et donc cicatriser la barrière, et remettre sur les rails…
    • en pratique, l’accompagnement est complexe et au cas par cas
  • éviter toute perturbation immuntaire supplémentaire

Le plus efficace est certainement une combinaison de tout ce qui existe… sans pour autant arriver à gommer une hypersensibilité plus ou moins importante…

Note bibliographique

« Sur le plan scientifique, plusieurs études ont objectivé une perméabilité intestinale augmentée chez des enfants présentant un trouble du spectre autistique, parfois sans symptômes digestifs apparents. Des travaux plus récents confirment le rôle de l’axe intestin‑cerveau, en montrant des altérations du microbiote et de la barrière intestinale dans les TSA. Enfin, quelques essais contrôlés suggèrent qu’un régime sans gluten et/ou caséine peut améliorer certains symptômes chez une partie des enfants, même si les résultats restent hétérogènes et que ces approches doivent être individualisées. »

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